Simon Pfeffel: Construire sa maison sur le dos d’éléphants en mouvement

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Le vendredi 12 avril 2019, l’artiste Simon Pfeffel a réalisé une performance intitulée « Construire sa maison sur le dos d’éléphants en mouvement» dans le cadre de l’exposition «Paris, Paris» à la galerie municipale. Sur la vidéo, nous pouvons voir l’artiste suspendu sur un échafaudage roulant de 4 mètres et marchant la tête à l’envers sur le plafond de l’espace d’exposition. À travers sa performance, Simon Pfeffel fait d’abord référence à un aspect très visible dans de nombreuses œuvres de l’exposition à savoir l’espace urbain de Paris dont la marche est le principal moyen de transport. Il transforme cette action de marcher en une apesanteur visuelle à travers laquelle il veut « emprunter des chemins nouveaux et inconnus ».

Dans cette démarche, il fait notamment référence aux 1200 sacs de charbon suspendus par Marcel Duchamp en 1938 qui déclarait que le plafond était un espace d’exposition qui n’avait jusque-là aucun intérêt pour le spectateur. Simon Pfeffel souhaite ainsi exploiter cet espace pour faire lever les yeux du visiteur, de même qu’il utilise l’échafaudage roulant (faisant référence à l’éléphant dans le titre) pour transposer les actions et les objets du quotidien dans un contexte artistique et de ce fait, les soumettre à une forme de contemplation nouvelle pour le spectateur.

Simon Pfeffel s’inspire du concept du flâneur analysé par le célèbre poète français Charles Baudelaire et interprété par le philosophe allemand Walter Benjamin, qui font de l’espace urbain un espace et un matériau de création. Le flâneur est à la fois un acteur-utilisateur de l’espace public et un narrateur et interprète de l’espace lui-même. D’autre part, il s’inspire du mouvement des situationnistes notamment de l’essayiste français Guy Debord qui à travers une critique de l’urbanisme et de l’architecture, prend la ville comme terrain d’analyse psychologique.